“Je demande non pas d'être exempt de danger, Mais d'avoir le courage de le braver. Je demande non pas la fin de ma souffrance, mais assez de coeur pour la dominer. Que mon regard ne cherche pas d'alliés sur le chant de bataille de la vie, mais que je cherche mes propres forces ! Que je n'implore pas en tremblant ma rédemption, mais puissé-je par ma patience, conquérir ma liberté !”
 TAGORE

30 nov 2010

3ème prix Écrire Sans Frontières 2010

Category: Concours 2010Pour vous servir @ 17 h 59 min

Isabelle Jézéquel : L’île

Tu vois l’île, là-bas ?
On dit que ceux qui y habitent sont heureux, qu’ils ne connaissent ni la faim, ni le froid, ni l’angoisse, ni la souffrance, ni l’égoïsme, ni l’envie, ni l’ennui. C’est ce qu’on dit…

Ceux qui y sont allés n’en sont pas revenus. On dit qu’ils sont restés, trop heureux de trouver enfin le bonheur. On dit qu’une fois qu’on a posé le pied sur l’île, il est impensable de revenir vers le continent, vers sa misère, vers ses douleurs. Toi aussi tu aimerais y aller, je le sais.

Tu serais prêt à quitter ta famille, ton vieux père, pour aller sur l’île. Cela a l’air si simple, le paradis à portée de voile. L’île semble si proche.

Tu sais qu’il est difficile d’accoster. L’île est entourée de rochers. Pour accéder à la seule plage, il faut traverser un passage étroit et éviter de nombreux écueils. Mais tu connais bien la mer. Tu n’as pas peur.

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30 nov 2010

2ème prix Écrire Sans Frontières 2010

Category: Concours 2010Pour vous servir @ 13 h 01 min

Yves Perez : EXIL

L’ancien monde : le départ.

J’ai longtemps hésité à partir. Me battre et faire bloc, jusqu’au bout, avec ceux de mon camp. Ne pas déserter, tenir le haut du pavé, les armes à la main. Voilà pendant des mois ce qui m’a enflammé, avec rage et candeur.

J’ai dû me résoudre pourtant à regarder la lutte en face. Perdue d’avance. Sans issue. Injuste et déloyale.

Ce matin là, un 4 juillet, j’ai quitté le pays qui m’a vu naître et grandir. Toute la nuit, j’ai arpenté les rues de la vieille ville. Toute la nuit et au petit matin, j’ai rassemblé une fois encore mes souvenirs, pour tout ce qu’il me resterait de vie. Partir, avec la certitude de ne plus revenir.

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30 nov 2010

1er prix Ecrire Sans Frontières 2010

Category: Concours 2010Pour vous servir @ 11 h 23 min

Benoît Camus : « Homme libre, toujours tu chériras la mer »

Deux jours de mer il nous restait, lorsqu’on les a découverts. Alors que tout se passait bien… Trop bien… Un temps idéal, une ambiance rieuse, des machines qui turbinaient. Il faut toujours se méfier quand les traversées se déroulent sans rien à y redire.
– On s’emmerde, se plaignait  même Anton.
Je haussais les épaules. Moi ça me convenait qu’on n’ait qu’à se laisser porter mais, dans l’équipage, on n’était pas nombreux à apprécier.
– Vivement qu’on arrive, soupirait Stanislas. Depuis trois jours qu’il bichonnait ses tuyauteries, à se faufiler entre, armé de son torchon pour n’en négliger aucune, la salle avait pris un tour rutilant assez inédit.
– T’as plus rien à astiquer ? s’esclaffait Dimitri, qui ne perdait aucune occasion de rigoler.
– Abruti ! se contentait de lui répondre Stanislas.

Ainsi on attendait l’arrivée. Et Halifax revêtait un attrait que peu jusqu’alors lui avaient accordé. Le désœuvrement incitait aux épanchements. Nous partagions nos projets.
– Vous ne me reverrez plus jusqu’à ce qu’on rembarque, promettait Anton et on approuvait.
J’approuvais d’autant plus que je n’étais pas pressé de le revoir. L’avantage avec les ports : ces nouveaux visages qu’ils nous offrent, où se noient ceux que la mer nous inflige.
– Je vais m’en payer une, je ne vous raconte pas ! poursuivait-il.
On l’écoutait, on n’en pensait pas moins. Depuis des semaines qu’on naviguait ensemble, Anton en énervait plus d’un. Il était justement en train de la ramener, quand on a appris la nouvelle…
– Ils ont trouvé des gars ! l’a interrompu Dimitri, en déboulant dans le compartiment machine.
On s’est renseigné. Au poste, on a eu des précisions : deux Ukrainiens y tenaient le crachoir, à dérouler le récit de leur capture. Ils contrôlaient la marchandise dans les cales, déambulaient entre les caisses pour prévenir les avaries, une ronde comme ils en pratiquaient tous les jours.
– Et vous ne vous apercevez de leur présence que maintenant ? les a titillés Stanislas.
Ça a jeté un froid, des sourires en coin ; ils se sont néanmoins gardés de répliquer.
– Un bruit nous a alertés, se sont-ils expliqués.

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24 nov 2010

Ecrire Sans Frontières : Remise des prix

Category: Concours 2010,EvénementsPour vous servir @ 12 h 07 min

Samedi 27 novembre – 15 h à la librairie Ombres Blanches

A l’occasion de la remise des prix du concours Écrire Sans Frontières,
et pour cette neuvième édition qui voit naître la publication
des lauréats des trois dernières années, nous invitons deux femmes :

Annick LAINÉ, Doctorante en sciences de gestion, nous racontera ces femmes qui ont contribué dès le XIXème siècle à la construction d’un nouveau monde économique et social.Femmes et  gouvernance d’un nouveau monde, c’est l’aventure d’une société féminine source d’innovation, de changement et même de profits que nous explorerons. Annick lainé est directrice d’AFORE Formation à Saint-Étienne et sillonne la France portant à son tour le flambeau de l’économie coopérative.
Marie CHANDELON, Conteuse, à travers deux contes, deux parcours initiatiques, celui d’une femme et celui d’un homme, avec leurs différences et dans un même but : accéder à leur « nouveau monde »,  le monde intérieur, invite petits et grands à se laisser guider par le mouvement qui les (et nous) dépasse.Marie Chandelon, anime, notamment à l’Institut Platon (voir programme), des ateliers contes tant en direction des professionnel-le-s que des particuliers amoureux des contes et des rêves qu’ils suscitent.
Ombres Blanches : 50, rue Gambetta – Toulouse. Métro Capitole

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